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Combien d'impôts quand on vend ses placements en plus-value ?

Tu as gagné de l'argent en bourse et tu te demandes ce que l'État va prendre ? Voici, sans jargon, combien tu paies vraiment selon l'enveloppe, avec les nouveaux taux 2026.

Par Sophian ·

Combien d'impôts quand on vend ses placements en plus-value ?

La première fois que j'ai revendu des parts d'ETF avec un gain, j'ai eu un petit moment de flottement : je gagne 1 000 euros, d'accord, mais il m'en reste combien une fois l'impôt passé ? La réponse tient en une idée simple. Tu n'es taxé que sur le gain, jamais sur l'argent que tu avais mis au départ. Et le pourcentage de ce gain qui part en impôt dépend presque entièrement de l'enveloppe dans laquelle tu as investi.

Petit point de vocabulaire avant de rentrer dedans : la plus-value, c'est juste la différence entre ton prix de vente et ton prix d'achat. Tu achètes pour 5 000, tu revends pour 6 000, ta plus-value est de 1 000. C'est sur ces 1 000 que tout se joue.

Le compte-titres : la flat tax, point de référence

Le compte-titres ordinaire (le CTO) est l'enveloppe la plus souple et la plus simple à ouvrir. C'est aussi la plus taxée. Quand tu vends en plus-value, tu paies par défaut la flat tax, aussi appelée prélèvement forfaitaire unique (PFU).

Et c'est là qu'il faut être à jour, parce que le chiffre a bougé en 2026. La flat tax est passée de 30 % à 31,4 %. Dans le détail : 12,8 % d'impôt sur le revenu, plus 18,6 % de prélèvements sociaux (la CSG a grimpé en début d'année, d'où la hausse).

Concrètement, sur 1 000 euros de plus-value, tu paies 314 euros. Il t'en reste 686.

Tu peux aussi choisir d'être imposé au barème progressif de ton impôt sur le revenu plutôt qu'à la flat tax. Ça devient intéressant seulement si ta tranche marginale est basse. Pour la majorité des gens, la flat tax reste le réflexe par défaut, et l'option se coche dans la déclaration.

Le PEA : la vraie récompense de la patience

Le PEA joue dans une autre catégorie, à condition de tenir la durée. La règle qui change tout, c'est les 5 ans.

Avant 5 ans, si tu retires, tu clôtures le plan et tu paies la flat tax à 31,4 %, comme sur un compte-titres. Rien de magique.

Après 5 ans, l'impôt sur le revenu disparaît. Il ne te reste que les prélèvements sociaux, soit 18,6 % sur tes gains. Sur la même plus-value de 1 000 euros, tu paies donc 186 euros au lieu de 314. La différence n'est pas un détail : c'est presque moitié moins d'impôt, juste pour avoir laissé ton argent travailler quelques années de plus.

C'est d'ailleurs pour ça que sur ce site je conseille d'ouvrir un PEA tôt, même avec peu dedans. Ça lance le compteur des 5 ans. Tu peux très bien ouvrir un PEA aujourd'hui avec 100 euros et ne vraiment l'alimenter que dans deux ans : le compteur, lui, aura déjà tourné.

L'assurance-vie : un cas à part

L'assurance-vie suit encore une autre logique, et elle a échappé à la hausse de 2026. Ses prélèvements sociaux restent à 17,2 %, pas 18,6 %.

Tu n'es taxé que sur la part de gain comprise dans ce que tu retires, pas sur tout le retrait. Et au-delà de 8 ans de détention, tu profites d'un abattement annuel sur tes gains : 4 600 euros si tu es seul, 9 200 euros pour un couple. En dessous de cet abattement, tu ne paies que les 17,2 % de prélèvements sociaux. Au-dessus, l'impôt sur le revenu s'ajoute à un taux réduit de 7,5 %, ce qui donne un total de 24,7 % sur la fraction concernée (tant que tu restes sous 150 000 euros de versements).

En clair : c'est l'enveloppe qui récompense le plus le très long terme et les retraits étalés.

Et le Livret A dans tout ça ?

Zéro impôt. Le Livret A, le LDDS et le LEP ne sont taxés ni à l'impôt sur le revenu ni aux prélèvements sociaux. C'est leur seul vrai avantage, parce qu'en face le rendement reste faible et ne protège pas toujours de l'inflation. Ils servent à garder ton épargne de précaution disponible, pas à faire fructifier un capital sur 20 ans.

Le tableau qui résume tout

Pour une plus-value de 1 000 euros, voilà ce qui te reste vraiment :

EnveloppeTaux sur le gainImpôt sur 1 000 €Il te reste
Compte-titres (CTO)31,4 %314 €686 €
PEA avant 5 ans31,4 %314 €686 €
PEA après 5 ans18,6 %186 €814 €
Assurance-vie après 8 ans*17,2 %172 €828 €
Livret A0 %0 €1 000 €

*Sous l'abattement annuel de 4 600 / 9 200 euros. Au-delà, ajoute 7,5 % d'impôt sur le revenu.

Deux ou trois choses qu'on oublie souvent

Tu n'es imposé que quand tu vends. Tant que tes parts montent dans ton compte, tu ne dois rien. C'est ce qui rend la stratégie « j'achète et je ne touche plus » aussi efficace : tu repousses l'impôt aussi longtemps que tu veux, et entre-temps ton capital continue de composer sur la somme entière.

Les moins-values, elles, ne sont pas perdues. Sur un compte-titres, une perte sur une vente vient s'imputer sur tes gains de la même année, et tu peux reporter le surplus pendant 10 ans. Ça réduit ta facture les bonnes années.

Enfin, ne choisis pas une enveloppe uniquement pour la fiscalité. Le PEA ne loge que des actions européennes et certains ETF éligibles, l'assurance-vie a ses propres frais, le compte-titres prend tout mais taxe plus. La fiscalité est un critère, pas le seul.

Les taux et abattements cités valent pour 2026 et peuvent évoluer d'une loi de finances à l'autre. Ce site est pédagogique et ne donne pas de conseil fiscal personnalisé. Avant un arbitrage important, vérifie ta situation ou parle à un professionnel.

Pour aller plus loin

Si tu hésites encore sur le moment d'investir une grosse somme, l'article DCA ou tout investir d'un coup te sera utile. Et si tu pars de zéro, commence par le parcours pour débuter.

Sources

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